La parabole de la générosité
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La parabole de la générosité

Nous sommes des terrains « variables »

La parabole du semeur jetant ses graines dans des terrains différents est très connue. Apparemment Jésus raconte l’histoire d’un semeur fou. Personne n’a idée de semer sur un chemin ou au milieu des cailloux. Les paraboles sont des histoires pour faire réfléchir. Ici la comparaison semble toute simple. Malgré cette apparente banalité elle nous entraine vers des réflexions profondes sur le bien et le mal.  

Les champs de l’époque diffèrent des nôtres. Souvent, il n’y avait pas vraiment de chemins bien tracés et là où il y avait des pierres … elles y restaient. Donc cette histoire est relativement logique. Les paraboles nous interpellent parfois par leur aspect inattendu. Par exemple, dans l’histoire du salaire égal pour tous, le patron donne le même salaire à ceux qui travaillent toute la journée et à ceux qui ne travaillent qu’une heure. Le sens de la parabole réside dans ce paradoxe, je devrais même dire dans cette bizarrerie. Or, ici, il n’y a rien de surprenant. La force de ce récit vient de la simple comparaison.

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Marc 4.1 à 9

Pour commencer

En réalité je ne donne pas pour titre à cette parabole : L’histoire du semeur fou. Je l’intitule La parabole de la générosité. En réalité les faits sont trompeurs. Jésus décrit quatre terrains différents, 3 donnent de mauvaises récoltes, un seul produit du grain. Bien sûr, notre semeur envoi sans doute beaucoup de graines dans la bonne terre. Un peu mois dans les mauvais endroits. Mais peu importe, si je calcule : 1 grain sur le bord du chemin (merci pour les oiseaux), 1 autre sur les pierres, pas de rendement et 1 au milieux des ronces, pas de résultat, enfin 3 grains dans de la bonne terre, résultat 30 grains, 60 grains et même 100 grains, soit au total 190 grains récoltés pour 6 semés ! Bref une très bonne récolte !

1 La parabole de la générosité

En fait cette parabole montre la générosité de Dieu. Il sème la bénédiction partout là où il passe. Chacun, chacune reçois une parcelle de sa bonté. Mais nous sommes toutes et tous différents les uns de autres. Nous ne réagissons pas de la même manière. Certaines actions humaines améliorent notre monde, et vont dans le sens du monde de Dieu. D’autres ne vont pas dans le même sens pour plusieurs raisons. Tout cela fait un peu chenit mais, au bout du compte, la récolte est bonne. Le monde progresse, globalement, il va dans le bon sens.

Les bons grains ne perdent pas de temps à critiquer les autres. Ils mettent toute leur énergie à se multiplier. Et cela marche. En tout cas cela nous aide à prendre du recul. Oui, tout ne marche pas comme nous le souhaitons, les autres ne sont pas comme nous aimerions qu’ils soient. Et ce pour une bonne raison : ce n’est pas nous qui les avons créés. Mais ce n’est pas si grave car, au fond la vie s’épanoui, en tout cas la volonté de Dieu permet le développement de son rayonnement.

Bref une très bonne récolte !

Pourtant, nous voyons bien des disfonctionnements dans le monde. Donc la tentation des jugements de valeur sur certaines mentalités se comprend aisément. L’humanité vit des drames, en partie créés par des humains. Jésus n’explique pas les disfonctionnements du monde. Il ne dit pas pourquoi mille obstacles différents empêchent le rayonnement de sa parole et ses exhortations à la fraternité universelle. Par contre il nous aide à vivre mieux de deux manières : d’abord en comprenant l’immense générosité de Dieu et ensuite, en voyant aussi les belles et bonnes choses offertes dans notre vie.

2 Nous sommes des tous-terrains

Mais le négatif a toujours plus d’influence sur nos esprits que le positif. Normal, si l’enfant ne se rappelait plus, d’une fois sur l’autre, que la flamme brûle … il se brulerait tous les jours ! Nous pensons à ce qui est négatif car c’est notre instinct de survie. Et du négatif, il y en a et de toutes sortes de manières. Dans la parabole Jésus utilise l’exemple de trois situations néfastes toutes différentes les unes de autres. Et oui, le malheur a de l’imagination et il touche l’humain de toutes sortes de manières.

Cette omniprésence des ennuis nous pousse évidement à porter des jugements de valeur sur les autres mais aussi bien souvent sur nous-même. Et si nous étions parfois comme ces humains qui laissent l’indifférence habiter leur cœur ? Et si nous avions tendance à abandonner nos plus beaux projets à la première difficulté ? Et si nos multiples désirs étouffaient nos sentiments les plus essentiels ?

Chacune et chacun de nous possède une personnalité d’une richesse infinie … et donc nous avons de multiples aspects. Mais surtout, nous nous comportons en fonction de ce qui nous arrive. Les événements ne nous demandent pas notre avis et nous devons y répondre rapidement. Celui qui est attentif à tout peut, une fois ou l’autres laisser l’indifférence le dominer. Celle qui surmonte toujours tous les obstacles peut laisser la fatigue l’envahir. Celui ou celle sachant dominer ses tentations peut se retrouver soudain sans volonté.

Oui, nous sommes l’une fois ou l’autre chacun de ces différents terrains. Nous sommes tous-terrains ! Nous n’avons pas une seule dimension, c’est notre faiblesse mais c’est aussi notre richesse. Car nous sommes aussi la bonne terre. Nous donnons souvent 30 grains. Et les jours où nous avons la chance d’en donner 60 c’est encore mieux. Mais cela n’a pas besoin d’être tous les jours. Et parfois, bingo, nous donnons 100 ! Alors focalisons nous sur tout ce que nous savons faire au service de Dieu, c’est-à-dire exprimons notre joie ! La foi en Dieu est une bonne nouvelle. Alors laissons la joie de cette bonne nouvelle nous imprégner et diffusons là autour de nous.

3. Dieu sait ce qu’il fait

Dieu n’est pas un semeur fou qui gaspille ses graines en les jetant n’importe où. Il offre sa bénédiction généreusement, il la diffuse sur toutes et tous. Il sait très bien qu’elle n’est pas reçue pleinement. Mais peut lui importe. La générosité prime. Il refuse le narcissisme de ceux et celles se vexant à mort dès qu’ils ne sont pas écoutés, voir adulés. Oui, en offrant sa bénédiction d’une manière généreuse Dieu invite les humains à la modestie. Je ne suis pas écouté aujourd’hui ? Cela m’attriste bien sûr, mais cela fait partie de l’existence normale.

Oui, nous sommes l’une fois ou l’autre chacun de ces différents terrains.

Le semeur ne peste pas contre les oiseaux cherchant la nourriture, contre les cailloux inutiles ou la présence des ronces étouffants les jeunes pousses. Il ne s’attache pas à rendre les différents terrains responsables de l’échec, à certains endroits, de ses semailles. Ce n’est pas en fustigeant les autres que nous devenons créateur de bienfaits. C’est ainsi, la vie offre des malheurs et des bonheurs. Personne ne sait pourquoi. Les contrariétés, les épines, l’adversité sont là depuis avant notre naissance et nous n’y pouvons rien.

Mais Dieu offre la générosité. Pourquoi ? Mais parce qu’au bout du compte la générosité permet les bonnes récoltes. Attention, la générosité ce n’est pas de la naïveté ou de l’inconscience. La générosité n’est pas aveugle. Elle demande une réflexion sur la réalité. Le semeur va dans un champ, il ne sème pas en pleine ville! Mais même dans le champ, il y a des obstacles à la croissance des graines.

Mais encore

Dieu le sait : au bout du compte sa générosité est payante. La générosité c’est contagieux. Elle stimule, elle aide à vivre les adversités. Même durant les périodes où nous ne sommes pas de la bonne terre, nous sommes toujours enfants de Dieu, illuminé intérieurement pas son esprit, valorisant ce qu’il y a de meilleur en nous et autour de nous. La récole est là malgré les obstacles !